CHUCHOTEMENTS CELLULAIRES: UNE ODE À L’ÉROTISME
Projet de recherche-création | Master EUR ArTeC - PARIS
2024- 2026
L’érotisme existe comme s'il n'existait pas.
Ce projet de recherche-création propose une immersion dans la nature énigmatique de l’érotisme, envisagé non plus comme une simple affaire de corps massifs, mais comme un phénomène se déployant dans l’intervalle subtil entre biologie moléculaire et vertige métaphysique.
Loin des définitions conventionnelles, l’enquête explore l’érotisme dans sa dimension la plus imperceptible : l’échelle microscopique et cellulaire,
où les rencontres invisibles et l’imaginaire permettent une forme de fusion sans limites. Là où les biotechnologies contemporaines et le Bioart redéfinissent les limites de la vie. Il s'agit de traquer cette « petite mort » non plus seulement dans l'extase, mais dans le flux des signaux neuronaux et les manipulations cellulaires.
La recherche s’articule autour d’un dialogue interdisciplinaire où la généalogie d’Éros — des mythes antiques à la shunga japonaise et aux ruptures surréalistes — rencontre la technoscience. Le travail confronte la tension entre Éros et Agapé aux théories de la transgression de Georges Bataille et à la pulsion de mort freudienne.
Le corps y apparaît comme un territoire d'intervention permanent, une surface d'érotisme où l’organique se mêle à l’artificiel pour « penser l’impossible ».
Sur le plan metodoloque, le projet se déploie à travers une série d’expérimentations qui fonctionnent comme un « miroir inversé » de la théorie. Le projet aboutit à une réflexion poétique sur la vie elle-même — ce qui se répète, se plie et se multiplie — invitant le spectateur à percevoir la frontière ténue entre l’être vivant et l’être désirant.
Œuvres du projet
Chuchotements Cellulaires (œuvre éponyme)
Pièce centrale du projet, cette vidéoinstallation est présentée à travers une structure évoquant un microscope. Elle explore la « vie intérieure » d’organismes fictifs et les intersections entre érotisme et reproduction, en s’inspirant notamment des avancées scientifiques récentes, telles que la création de modèles embryonnaires humains à partir de cellules souches, sans recours aux gamètes.
Donne-nous aujourd’hui notre chair de chaque jour
Texte en prose décrivant la rencontre érotique à travers une approche strictement biologique et biochimique. L’œuvre détaille les réactions du corps — de la réfraction de la lumière dans le cristallin aux décharges de dopamine et d’ocytocine — transformant l’acte sexuel en un « mantra biomécanique » et en une « petite mort » célébrée par l’espèce.
L’Ère de Morgane
Scénario d’entretien fictif relatant l’histoire de Morgane, première femme à se reproduire par parthénogenèse (sans fécondation masculine). Cette œuvre interroge les limites de la biologie humaine, ainsi que les notions d’identité et de maternité face à une extension génétique de soi — une « copie » dotée pourtant d’une subjectivité propre.
Où commence la vie ?
Réflexion poétique sur la multiplicité des formes du vivant et sur l’étrangeté de l’existence. Le texte évoque notamment le trouble de sentir un corps croître à l’intérieur d’un autre, tout en questionnant l’incapacité culturelle à concevoir la vie comme pur instinct, affranchi des catégories et des noms.
Eros (sculpture 3D)
Proposition artistique visant à condenser différentes représentations mythologiques d’Éros — du chaos primordial à l’œuf cosmique orphique — en un objet physique. Conçue comme une sculpture microscopique imprimée en 3D (moins de 5 mm), l’œuvre établit un dialogue entre mythologie ancienne et technoscience contemporaine.
Le Fil de l’Imaginaire
Expérimentation collective reposant sur un questionnaire anonyme distribué à la suite de la performance Monde Flottant. Ce dispositif visait à recueillir les perceptions, sensibilités et interrogations autour de l’érotisme, un sujet encore difficile à aborder dans le cadre académique.
Désir de Désir
Essai visuel et textuel définissant l’érotisme comme un « monde flottant », situé entre le corps et la fantaisie. L’œuvre explore un espace de transgression et de fusion, où le « moi » se dissout dans l’« autre », abandonnant les frontières individuelles au profit d’une continuité recherchée.
État de Rêve
Narration décrivant un état liminal entre sommeil et veille, pendant une performance.